Job
Un homme juste dont la foi est mise à l'épreuve par Satan avec la permission de Dieu, souffrant de grandes pertes et de maladies, mais restant fidèle.
Ancien TestamentVersets bibliques mentionnant Job
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Car il fait la blessure, et il la panse ;
Il frappe et ses mains guérissent.
Dans six afflictions il te délivrera,
A la septième encore le mal ne te touchera pas.
Dans la famine il te rachètera de la mort ;
Dans la guerre, de la puissance de l'épée.
Tu seras à l'abri du fouet de la langue,
Tu ne craindras pas la dévastation quand elle arrivera ;
Tu te riras de la dévastation et de la disette,
Tu n'auras pas peur des bêtes sauvages.
Car tu as un pacte avec les pierres des champs,
Et les bêtes des champs sont en paix avec toi.
Tu verras ta tente en sûreté ;
Et quand tu visiteras tes pâturages, rien n'y manquera.
Tu verras ta postérité nombreuse,
Et tes descendants comme l'herbe de la terre ;
Tu entreras mûr dans le sépulcre,
Comme une gerbe qu'on enlève en sa saison.
Voilà ce que nous avons trouvé dans nos méditations. Il en est ainsi ;
Ecoute-le, et fais-en ton profit !
Job prit la parole et dit :
Ah ! si l'on pesait ma plainte,
Et que l'on mit en même temps mon malheur dans la balance !
Vraiment, il est plus lourd que le sable des mers ;
Voilà pourquoi mes discours s'égarent.
Car les flèches du Tout-Puissant m'ont atteint.
Mon esprit en boit le venin,
Les terreurs de Dieu m'assaillent.
L'onagre se met-il à braire devant l'herbe ?
Le bœuf mugit-il devant son fourrage ?
Peut-on manger ce qui est fade et sans sel ?
Le blanc de l'œuf a-t-il de la saveur ?
Mon âme refuse d'y toucher ;
C'est pour moi un aliment dégoûtant.
Qui fera que ma prière soit entendue,
Que Dieu réponde à mon attente ?
Qu'il plaise à Dieu de m'écraser,
Qu'il étende sa main et me retranche !
Il me resterait encore cette consolation,
Et j'en tressaillerais de joie dans les maux qu'il ne m'épargne pas :
C'est que je n'ai pas renié les paroles du Saint.
Quelle est ma force, pour que j'espère encore,
Et la fin qui m'est réservée, pour que je prenne patience ?
Ma force est-elle une force de pierre ?
Ma chair est-elle d'airain ?
Tout secours ne m'est-il pas refusé ?
Toute délivrance n'est-elle pas refoulée loin de moi ?
L'homme désespéré a droit à la pitié de son ami,
Quand même il aurait abandonné la crainte du Puissant ;
Mes frères ont été perfides comme un torrent,
Comme le lit de torrents qui débordent,
Qui sont troublés par la glace,
Et dans lesquels s'enfonce la neige.
Quand le soleil les brûle, ils tarissent ;
Quand viennent les chaleurs, ils disparaissent de leur lieu.
Les caravanes de Théma les ont cherchés du regard ;
Des troupes de Scbéba ont espéré en eux.
Ils ont été trompés dans leur attente ;
Ils sont venus jusque-là et ont été confus.
En effet, vous n'êtes rien ;
Vous voyez un objet d'effroi, et vous vous effrayez.
Est-ce que j'ai dit : Donnez-moi,
Faites-moi part de vos biens,
Sauvez-moi de la main de l'oppresseur,
Délivrez-moi de la main des violents ?
Instruisez- moi, je me tairai ;
Montrez-moi en quoi j'ai erré.
Qu'elles sont puissantes, les paroles de droiture !
Mais à quoi servent tes exhortations ?
Voulez-vous donc blâmer des mots ?
Mais on livre au vent les paroles du désespéré !
Vous jetteriez le sort même sur un orphelin,
Et vous trafiqueriez de votre ami !
Et maintenant veuillez vous tourner vers moi ;
Je ne vous mentirai pas en face.
Revenez donc ! Ne vous montrez pas injustes !
Revenez ! Je suis encore innocent.
Y a-t-il de l'injustice sur ma langue ?
Mon palais ne discerne-t-il pas le mal ?
L'homme n'a-t-il pas une rude corvée sur la terre ?
Ses jours ne sont-ils pas comme ceux d'un mercenaire ?
Comme un esclave soupire après de l'ombre,
Comme un mercenaire attend son salaire,
Ainsi j'ai eu en partage des mois de malheur,
Et l'on m'a assigné des nuits de souffrance.
A peine suis-je couché que je dis :
Quand me lèverai-je ? Et l'obscurité se prolonge,
Et je suis rassasié d'inquiétudes jusqu'à l'aube.
Ma chair est revêtue de vermine et d'une croûte terreuse ;
Ma peau se cicatrise, puis de nouveau suppure.
Mes jours s'en vont plus vite que la navette,
Ils se consument sans espérance.
Souviens-toi que ma vie n'est qu'un souffle ;
Mon œil ne reverra plus le bonheur.
L'œil de celui qui voudra me voir ne m'apercevra pas ;
Tes yeux me chercheront, et je ne serai plus.
Le nuage s'évanouit et passe ;
Ainsi, qui descend au sépulcre n'en remonte pas ;
Il ne rentre pas dans sa maison ;
Son lieu ne le revoit plus.
Aussi je ne retiendrai pas ma bouche ;
Je parlerai dans l'angoisse de mon cœur ;
Je soupirerai dans l'amertume de mon âme.
Suis-je la mer, suis-je un monstre marin,
Que tu places une garde contre moi ?
Si je dis : Mon lit me consolera,
Ma couche m'aidera à porter ma douleur,
Tu m'effraies par des songes,
Tu m'épouvantes par des visions ;
C'est pourquoi mon âme aimerait mieux étouffer ;
Je préférerais la mort à ces os.
J'en ai assez ! Je ne vivrai pas éternellement ;
Laisse-moi, car mes jours ne sont qu'un souffle.
Qu'est-ce que l'homme, que tu l'estimes si haut,
Que tu fasses attention à lui,
Que tu le visites tous les matins,
Que tu l'éprouves à tous les instants ?
Quand enfin cesseras-tu de me regarder,
Et me donneras-tu du relâche, ne fût-ce que le temps d'avaler ma salive ?
Si j'ai péché, que t'ai-je pu faire, ô gardien des hommes ?
Pourquoi as-tu fait de moi l'objet de tes attaques,
Tellement que je suis à charge à moi-même ?
Pourquoi ne pardonnes-tu pas mon offense,
Et n'effaces-tu pas ma faute ?
Car bientôt je me coucherai dans la poussière ;
Tu me chercheras, et je ne serai plus.
Bildad de Suach prit la parole et dit :
Jusqu'à quand tiendras-tu ce langage,
Et les paroles de ta bouche seront-elles une violente tempête ?
Dieu fera-t-il plier le droit,
Et le Puissant la justice ?
Si tes fils ont péché contre lui,
Il les a livrés au pouvoir de leurs fautes.
Mais si toi, tu te tournes vers Dieu,
Et que tu implores le Puissant,
Si tu es pur et droit,
Alors certes il s'éveillera en ta faveur,
Il rétablira la demeure de ta justice ;
Ton commencement aura été petit,
Ta fin sera fort grande.
Car nous, nous sommes d'hier et nous ne savons rien,
Car nos jours sont une ombre sur la terre.
Ne t'instruiront-ils pas, ne te parleront-ils pas,
Et ne feront-ils pas sortir de leur cœur ces paroles :
Le papyrus croît-il où il n'y a pas de marais ?
Le jonc s'élève-t-il où il n'y a pas d'eau ?
Quand il en est encore à son premier jet et qu'il n'est pas mûr pour la faux,
Il sèche avant toute autre herbe.
Il s'appuie sur sa maison, elle ne tient pas ;
Il s'y cramponne, elle ne reste pas debout.
Il verdoie en plein soleil,
Ses rejetons s'étendent sur tout son jardin ;
Ses racines s'entrelacent dans les pierres,
Il pénètre jusqu'au roc ;
Mais qu'on l'arrache de sa place,
Elle le renie : Je ne t'ai jamais vu !
Telle est la joie de sa vie,
Et de la poussière d'autres germeront.
Dieu ne rejette donc pas l'homme intègre ;
Mais il ne prend pas les méchants par la main.
Il remplira encore ta bouche de rire,
Et tes lèvres de jubilation.
Ceux qui te haïssent seront revêtus de honte,
La tente des méchants disparaîtra.
Job prit la parole et dit :
Assurément, je sais qu'il en est ainsi ;
Et comment un homme serait-il juste devant Dieu ?
S'il lui plaisait de plaider contre Dieu,
Il ne lui répondrait pas sur un point entre mille.
Il est sage en son entendement et puissant en force ;
Qui l'a bravé et s'en est retiré sain et sauf ?
Il bouleverse les montagnes à l'improviste ;
Il les renverse dans sa colère.
Il ébranle la terre sur ses bases,
Et ses colonnes tremblent.
Il parle au soleil, et il ne se lève pas,
Il met un sceau sur les étoiles.
Il étend les cieux, lui seul,
Il marche sur les hauteurs de la mer.
Il crée la Grande Ourse, Orion, les Pléiades,
Et les régions reculées du Midi.
Il fait des merveilles insondables,
Des prodiges sans nombre.
Voici, il passe devant moi sans que je le voie ;
Près de moi, sans que je l'aperçoive.
Voici, il emporte une proie ; qui le fera revenir ?
Qui lui dira : Que fais-tu ?
Dieu ne retire pas sa colère ;
Sous lui se sont courbés les auxiliaires de Rahab ;
Et moi, j'oserais lui répondre ?
Je choisirais mes paroles en sa présence ?
Si même j'avais raison, je ne répondrais pas,
J'implorerais la clémence de mon juge.
Si même je l'appelais et qu'il me répondit,
Je ne croirais pas qu'il voulût entendre ma voix,
Lui qui fond sur moi dans un tourbillon,
Et multiplie mes blessures sans cause ;
Qui ne me laisse pas reprendre haleine,
Tant il me rassasie d'amertume !
S'il s'agit de force, me voici !
S'il s'agit de droit, qui m'assignera ?
Si même j'avais raison, ma bouche me condamnerait ;
Si même j'étais innocent, il me ferait passer pour coupable.
Innocent, je le suis ! Je ne fais nul cas de ma vie ;
Je méprise l'existence.