Job
Un homme juste dont la foi est mise à l'épreuve par Satan avec la permission de Dieu, souffrant de grandes pertes et de maladies, mais restant fidèle.
Ancien TestamentVersets bibliques mentionnant Job
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Ou peut-il se réjouir dans le Puissant,
Invoquer Dieu en tout temps ?
Je vais vous instruire des voies de Dieu,
Je ne vous cacherai pas les conseils du Puissant.
Voici le sort que Dieu réserve à l'homme injuste,
L'héritage que les violents reçoivent du Puissant :
Si ses enfants se multiplient, c'est pour l'épée,
Ses descendants ne se rassasieront pas de pain.
Ses survivants sont enterrés à peine décédés,
Ses veuves ne [les] pleurent pas.
S'il amasse de l'argent comme de la poussière,
Qu'il entasse des habits comme de la boue :
Il entasse, mais c'est un juste qui s'en vêtira,
Un innocent aura son argent en partage.
La maison qu'il a bâtie est comme celle de la teigne,
Comme la cabane que fait un gardien [de vignes].
Riche, il se couche ; il ne se relèvera pas ;
Il ouvre les yeux et n'est plus.
Le vent d'Orient l'emporte, il s'en va ;
Le vent l'arrache loin de son lien.
On bat des mains à son sujet,
Et de sa demeure on siffle après lui.
Il y a pour l'argent des lieux d'extraction ;
Il y en a pour l'or qu'on affine.
L'homme a mis fin à l'obscurité ;
Il explore, jusqu'aux dernières profondeurs,
Les pierres cachées dans la plus sombre nuit.
Il creuse un puits loin des habitations ;
Il est ignoré des passants,
Il est suspendu, balancé loin des mortels.
La terre d'où sort le pain,
On la bouleverse dans ses profondeurs comme par le feu.
Ces pierres fournissent le saphir,
On y trouve de la poussière d'or.
Les fauves orgueilleux ne l'ont jamais foulé ;
Le lion n'y passe pas.
L'homme porte la main sur le roc même,
Il remue les montagnes de fond en comble ;
Il taille des tranchées dans les rochers ;
Son œil aperçoit toutes sortes de choses précieuses.
Il arrête le suintement des eaux,
Et il sort à la lumière les choses cachées.
Mais la sagesse, où la trouver ?
Où est le lieu de l'intelligence ?
L'homme ne connaît rien qui la vaille ;
Elle ne se trouve pas dans le monde des vivants.
L'abîme dit : Elle n'est point en moi !
La mer dit : Elle n'est point chez moi !
On ne l'obtient pas contre de l'or pur,
Et pour la payer on ne pèse pas d'argent.
On ne la met pas dans la balance avec l'or d'Ophir,
Avec l'onyx précieux et le saphir.
On ne peut lui comparer l'or ni le verre ;
On ne l'échange pas contre des vases d'or fin.
On ne peut lui comparer la topaze d'Ethiopie,
On ne la met pas dans la balance avec l'or pur.
Mais la sagesse, d'où vient-elle ?
Où est le lieu de l'intelligence ?
Elle est voilée aux yeux de tout vivant,
Elle est cachée aux oiseaux des cieux.
Le lieu de destruction et la mort disent :
Nous en avons entendu parler.
C'est Dieu qui en discerne le chemin,
C'est lui qui connaît son lieu ;
Car lui regarde jusqu'aux bouts de la terre :
Il voit tout ce qui se passe sous les cieux.
Quand il réglait le poids du vent,
Qu'il fixait la mesure des eaux,
Quand il donnait à la pluie ses lois,
Qu'il traçait la route aux éclairs,
Alors il vit la sagesse et la manifesta ;
Il l'établit et même il la sonda.
Job continua son discours sentencieux et dit :
Qui me rendra les mois d'autrefois,
Les jours où Dieu me gardait,
Alors que, sa lampe brillant sur ma tête,
En pleines ténèbres, je marchais à sa lumière ?
Que ne suis-je de nouveau aux jours de mon automne,
Quand Dieu veillait en ami sur ma tente,
Quand le Puissant était encore avec moi,
Que mes enfants m'entouraient ;
Quand mes pieds baignaient dans la crème,
Que près de moi le rocher distillait des ruisseaux d'huile,
Quand, montant vers la ville, je me rendais à la porte,
Que je me préparais à m'asseoir sur la place publique !
A ma vue, les jeunes gens se cachaient,
Les vieillards se levaient et restaient debout,
Les princes retenaient leurs discours
Et mettaient la main sur leur bouche.
La voix des chefs restait muette,
Leur langue était collée à leur palais.
Car l'oreille qui m'entendait me disait heureux ;
L'œil qui me voyait me rendait témoignage,
Parce que je sauvais le pauvre qui poussait des cris,
L'orphelin et l'homme privé de secours.
La bénédiction de celui qui allait périr était sur moi ;
Je faisais tressaillir de joie le cœur de la veuve.
Je m'étais revêtu de la justice et elle s'était vêtue de moi ;
Ma droiture me servait de manteau et de turban.
J'étais les yeux de l'aveugle,
Les pieds du boiteux.
Je servais de père aux pauvres,
J'examinais avec soin la cause de celui qui m'était inconnu.
Je brisais la mâchoire du violent,
Et de ses dents j'arrachais la proie.
Aussi je me disais : Je mourrai dans mon nid,
Mes jours seront aussi nombreux que le sable.
Ma racine sera ouverte à l'eau,
La rosée passera la nuit dans mon branchage.
Ma gloire me restera toujours jeune ;
Mon arc se renouvellera dans ma main.
On m'écoutait et on attendait ;
On faisait silence pour [entendre] mon conseil.
Quand j'avais parlé, on n'ajoutait rien,
Ma parole descendait sur eux comme une rosée.
On s'attendait à moi comme à la pluie,
Ils ouvraient la bouche comme pour une pluie de printemps.
Je leur souriais, quand ils étaient découragés ;
Et ils recueillaient les rayons de mon visage.
Quand j'allais chez eux, je m'asseyais à leur tête ;
Je trônais comme un roi au milieu de sa troupe,
Comme quelqu'un qui console des affligés.
Et maintenant de plus jeunes que moi se moquent de moi :
Gens dont j'aurais dédaigné de placer les pères
Parmi les chiens de mon troupeau !
A quoi m'aurait servi la force de leurs mains ?
Ils étaient incapables de parvenir à maturité.
Amaigris par la misère et la faim,
Ils rongent les lieux arides,
Dès longtemps dévastés et désolés.
On les chasse de la société,
On crie après eux comme après le voleur.
Parmi les buissons, on les entend braire ;
Ils se rassemblent sous les épines ;
Fils d'insensés, oui, fils de gens sans nom,
Ils ont été chassés du pays à coups de fouet.
Et maintenant je suis devenu leur chanson,
Le sujet de leurs propos.
Ils me détestent, ils se détournent de moi,
Ils ne craignent pas de me cracher au visage.
Car il a délié sa corde et m'a humilié,
Tellement qu'eux rejettent tout frein devant moi.
Cette engeance se lève à ma droite,
Ils me poussent les pieds,
Ils fraient contre moi leurs chemins de malheur.
Ils ont détruit mon sentier,
Ils travaillent à ma perte,
Eux que personne ne soutient.
Ils approchent comme par une large brèche,
Ils se précipitent en avant au milieu des ruines.
Des terreurs se tournent contre moi ;
Elles emportent ma dignité comme le vent ;
Mon bonheur a passé comme un nuage.
Et maintenant mon âme se répand en moi,
Des jours de malheur me saisissent.
La nuit transperce et détache mes os ;
Les douleurs qui me rongent n'ont pas de repos.
Par la grande puissance [de Dieu], mon manteau se transforme,
Et n'est plus que comme la tunique qui m'enserre.
Il m'a jeté dans la boue ;
Je suis devenu semblable à la poussière et à la cendre.
Je crie vers toi et tu ne me réponds pas,
Je me tiens debout et tu me regardes fixement.
Tu deviens cruel envers moi,
Tu me fais la guerre avec toute la force de ta main.
Tu m'enlèves sur le vent, tu m'emportes ;
Tu me fais disparaître dans la tempête.
Car je le sais : tu me ramènes à la mort,
Au rendez-vous de tout ce qui vit.
Mais en tombant n'étend-on pas la main ?
Ne crie-t-on pas quand on périt ?
N'ai-je pas pleuré sur l'opprimé,
Mon âme ne s'est-elle pas affligée pour le pauvre ?...
Car j'espérais le bonheur, et le malheur est venu ;
Je m'attendais à la lumière, et les ténèbres sont venues.
Mes entrailles bouillonnent sans cesse,
Des jours de souffrance m'ont surpris.
Je m'avance tout noirci, mais non par le soleil ;
Je me lève dans l'assemblée, et je crie.
Je suis devenu le frère des chacals,
Le compagnon des autruches.
Ma peau noircie tombe de dessus moi,
Mes os brûlent, tant ils sont secs.
Ma harpe est devenue un instrument de deuil,
Mon chalumeau ne rend que ses sons plaintifs.
J'avais fait un pacte avec mes yeux ;
Comment aurais-je fait attention à une vierge !
Quelle part Dieu [m'] aurait-il envoyée d'en-haut, Et quel lot le Puissant, du haut des cieux ?
La ruine n'est-elle pas pour le méchant,
Et le malheur pour ceux qui pratiquent l'iniquité ?
Dieu ne voit-il pas ma conduite,
Ne compte-t-il pas tous mes pas ?
Si j'ai marché dans le mensonge,
Si mon pied a couru après la fausseté !...
Que Dieu me pèse dans une balance exacte,
Il reconnaîtra mon intégrité.
Si mon pied s'est détourné du chemin,
Si mon cœur a suivi mes yeux,
Si quelque souillure s'est attachée à mes mains,
Que je sème, et qu'un autre mange,
Et que mes plants soient déracinés !
Si mon cœur s'est laissé séduire pour une femme,
Si j'ai fait le guet à la porte de mon prochain,
Que ma femme tourne la meule pour un autre,
Que d'autres abusent d'elle.
Car c'est là un crime,
C'est une iniquité punie par les juges.