Job
Un homme juste dont la foi est mise à l'épreuve par Satan avec la permission de Dieu, souffrant de grandes pertes et de maladies, mais restant fidèle.
Ancien TestamentVersets bibliques mentionnant Job
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C'est tout un ! C'est pourquoi je le dis :
Il fait périr, également l'innocent et le coupable.
Si un fléau produit une mortalité soudaine,
Il se rit du désespoir, des innocents.
La terre est livrée au pouvoir des méchants ;
Il voile la face de ceux qui la jugent.
Si ce n'est pas lui, qui est-ce donc ?
Mes jours se sont enfuis plus vite qu'un courrier ;
Ils ont passé sans voir le bonheur.
Ils ont glissé comme des nacelles de jonc,
Comme un aigle qui fond sur sa proie.
Si je dis : Je veux oublier ma plainte,
Je veux laisser là ma figure triste et paraître joyeux,
Je tremble devant toutes mes douleurs ;
Je sais que tu ne m'acquitteras pas.
Je suis condamné d'avance ;
Pourquoi donc me tourmenterais-je en vain ?
Quand je me laverais avec de la neige,
Que je nettoierais mes mains avec du savon,
Alors même tu me plongerais dans la fange,
Et mes habits me prendraient en horreur.
Car il n'est pas un homme comme moi, que je puisse lui répondre,
Et que nous puissions aller ensemble en jugement.
Il n'y a pas entre nous d'arbitre
Qui pose sa main sur nous deux.
Qu'il retire sa verge de dessus moi,
Que sa terreur ne m'épouvante plus !
Alors je parlerai sans le craindre,
Car je ne me sens pas coupable.
Mon âme est dégoûtée de la vie ;
Je veux donner libre cours à ma plainte,
Je veux parler dans l'amertume de mon âme.
Je dirai à Dieu : Ne me condamne pas,
Fais-moi savoir pour quel sujet tu plaides contre moi.
As-tu des yeux de chair ?
Vois-tu comme voient les mortels ?
Tes jours sont-ils comme ceux d'un mortel,
Tes années comme les jours d'un homme,
Pour que tu recherches mon iniquité,
Que tu t'informes avec soin de mon péché,
Quoique tu saches que je ne suis pas coupable,
Et que personne ne peut délivrer de ta main !
Tes mains m'ont formé et façonné
De toutes parts, et tu veux me détruire !
Souviens-toi que tu m'as façonné comme de l'argile ;
Et tu veux me faire retourner à la poussière !
Ne m'as-tu, pas fait couler comme du lait,
Ne m'as-tu pas rendu solide comme du laitage pressé ?
Tu m'as revêtu de peau et de chair,
Tu m'as entrelacé d'os et de nerfs ;
Tu m'as donné vie et faveur,
Ta providence a veillé sur mon souffle.
Et cependant, voici ce que tu as caché dans ton cœur,
Et je sais que c'étaient là tes pensées :
Quand je pécherais, tu voudrais t'en souvenir,
Et ne pas m'acquitter de mon iniquité.
Quand j'aurais tort, malheur à moi !
Innocent, je ne pourrais lever la tête ;
Rassasié de honte, témoin de ma propre misère,
Si je levais la tête, tu me poursuivrais comme un lion,
Tu te glorifierais de nouveau contre moi.
Tu produirais d'autres témoins contre moi,
Tu augmenterais ton irritation ;
Des troupes de renfort m'environneraient.
Pourquoi donc m'as-tu fait sortir du sein de ma mère ?
J'aurais expiré et aucun œil ne m'aurait vu.
Je serais comme si je n'eusse pas été ;
On m'aurait porté du sein maternel au tombeau.
Ma durée n'est-elle pas peu de chose ?
Qu'il cesse donc !
Qu'il me laisse, pour que je puisse un peu me réjouir,
Avant que je m'en aille, pour ne plus revenir,
Dans le pays des ténèbres et de l'ombre de la mort,
Pays d'obscurité comme la nuit,
Pays d'ombre de mort et de désordre,
Où le jour est comme la nuit.
Tsophar de Naama prit la parole et dit :
Cette abondance de paroles restera-t-elle sans réponse ?
Et suffira-t-il de beaucoup parler pour avoir raison ?
Ton babil fera-t-il taire les gens ?
Railleras-tu sans que personne te fasse honte,
Que tu dises : Ma doctrine est pure,
Je suis net à tes yeux !
Ah ! si seulement Dieu voulait parler,
Ouvrir ses lèvres pour te répondre !
Il te révélerait les mystères de sa sagesse qui sont doubles en science ;
Et tu saurais que Dieu oublie une partie de ton iniquité.
Peux-tu toucher les profondeurs de Dieu,
Atteindre les bornes du Puissant ?
Ce sont les hauteurs des cieux... Que ferais-tu ?
Ce sont des profondeurs plus grandes que celles du sépulcre... Que saurais-tu ?
La mesure en est plus longue que la terre,
Plus large que la mer.
S'il survient et emprisonne
Et qu'il fasse comparaître, qui le fera revenir en arrière ?
Car lui connaît les hommes de rien,
Il voit le mal sans effort d'attention.
Ainsi l'homme insensé prend de la raison,
Et le poulain de l'onagre devient un être raisonnable,
Si tu disposes ton cœur
Et que tu étendes les mains vers lui,
Si tu éloignes le mal qui se trouve entre tes mains,
Et que tu ne fasses pas habiter l'iniquité dans tes tentes,
Alors tu lèveras un front sans tache,
Tu seras solide et tu ne craindras pas.
Oui, toi, tu oublieras ton malheur,
Tu t'en souviendras comme d'eaux qui se sont écoulées.
La vie se lèvera pour toi plus brillante que le plein midi ;
Qu'il fasse sombre, ce sera comme le matin.
Tu seras plein de confiance, car il y aura espérance ;
Tu regarderas autour de toi et tu reposeras en paix,
Dans ton repos, personne ne t'effraiera ;
Beaucoup rechercheront ta faveur.
Mais les yeux des méchants se consumeront,
Plus de refuge pour eux !
Et leur espérance sera de rendre le dernier souffle.
Job prit la parole et dit :
Assurément vous êtes seuls des hommes,
Et avec vous mourra la sagesse !
Moi aussi, j'ai une raison comme vous,
Je ne vous suis pas inférieur...
Qui ne sait tout ce que vous dites là ?
Je suis devenu un homme qui est la risée de ses amis,
Moi qui invoquais Dieu et il me répondait ;
La risée !... moi juste et intègre !
Mépris au malheur ! voilà les pensées des heureux ;
On frappe ceux dont le pied chancelle,
Tandis que les tentes des brigands sont en paix,
Que les contempteurs de Dieu vivent en pleine sécurité,
Eux qui ont leur dieu à la main !
Cependant, interroge les bêtes, et elles t'instruiront ;
Les oiseaux des cieux, et ils t'en remontreront.
Adresse tes méditations à la terre, et elle t'instruira ;
Les poissons de la mer te feront leurs récits.
Parmi eux tous, qui ne sait
Que c'est la main de l'Eternel qui a fait toutes ces choses,
Lui qui tient dans sa main la vie de tous les êtres,
Et l'âme de toute créature humaine.
Les cheveux blancs possèdent la sagesse ;
Une longue vie donne l'intelligence.
Auprès de lui se trouvent sagesse et puissance,
A lui sont conseil et intelligence.
Il renverse, et l'on ne rebâtit pas ;
Il enferme quelqu'un, et l'on n'ouvre pas ;
Il arrête les eaux, et elles tarissent ;
Il les lâche, et elles bouleversent la terre.
Auprès de lui il y a force et prudence ;
Il dispose du trompeur et du trompé,
Il relâche l'autorité des rois,
Il ceint leurs reins d'une corde.
Il emmène les sacrificateurs en exil,
Il renverse les autorités établies.
Il enlève la parole aux hommes les plus sûrs,
Il ôte le discernement aux vieillards.
Il verse le mépris sur les nobles,
Il détache la ceinture des puissants.
Il fait sortir de l'obscurité les choses profondes,
Il fait sortir à la lumière l'ombre de la mort.
Il fait prospérer les peuples et il les détruit,
Il étend les nations et les emmène.
Il enlève la raison aux chefs des multitudes,
Et les fait errer dans un désert sans chemin.
Ils tâtonnent dans les ténèbres, sans trouver la lumière,
Et il les fait errer comme un homme ivre.
Tout cela, mon œil l'a vu,
Mon oreille l'a entendu et l'a saisi.
Ce que vous savez, je le sais, moi aussi :
Je ne vous suis pas inférieur.
Non ! Mais c'est au Puissant que je veux parler ;
Il me plaît d'entrer en cause avec Dieu.
Vous, vous n'employez qu'un vernis trompeur,
Vous êtes tous des médecins de néant !
Que ne gardez-vous le silence !
Cela vous serait imputé à sagesse.
Ecoutez donc ma réprimande,
Soyez attentifs aux réclamations de mes lèvres.
Voulez-vous défendre Dieu par des discours iniques,
Prononcer pour lui des mensonges ?
Voulez-vous faire acception de personnes en sa faveur,
Ou vous faire ses avocats ?
Vous en trouverez-vous bien, quand il sondera vos cœurs ?
Le tromperez-vous comme on trompe un homme ?
Il ne manquera pas de vous châtier,
Si en secret vous faites acception de personnes.
Sa majesté ne vous épouvantera-t-elle pas,
Sa terreur ne tombera-t-elle pas sur vous ?
Vos mémorables sentences sont des sentences de cendre ;
Vos forteresses seront des forteresses d'argile.
Taisez-vous, et je parlerai, moi,
Et qu'il m'arrive ce qu'il pourra !
Je veux prendre ma chair entre mes dents,
Et mettre ma vie dans mes mains.
Sans doute, il me tuera ; je n'espère plus rien ;
Je veux lui prouver en face mon innocence.
Cela même servira à ma délivrance,
Car un impie ne subsiste pas devant lui.
Ecoutez bien mon discours ;
Que mon explication pénètre dans vos oreilles.
Voici, j'ai disposé mes arguments,
Je sais que j'ai raison.
Qui donc plaidera contre moi ?
Je me tairais aussitôt et je mourrais.
Seulement, ne me refuse pas ces deux choses,
Et je ne chercherai pas à me cacher loin de toi :
Eloigne de dessus moi ta main,
Et que tes terreurs ne m'effraient plus !